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Article écrit en partenariat avec Quitoque.

L’impact du plastique sur l’environnement n’est plus à démontrer. Cependant l’impact environnemental n’est pas le seul à inquiéter. Le plastique que nous inhalons, buvons et ingérons au quotidien serait-il le nouveau fléau de santé publique du XXIè siècle ?

.5g de plastiques, soit l’équivalent d’une carte bleue, c’est la quantité de plastique que nous mangerions par semaine…

Une étude menée par l’Université de Newcastle en Australie, en date de mai 2019, affirmerait que nous mangerions chaque semaine environ 5g de plastiques, soit l’équivalent d’une carte de crédit ! Cette étude a d’ailleurs mis en évidence une liste d’aliments et de boissons courants contenants des micro plastiques comme l’eau potable, la bière, le sel et les fruits de mers.

Au programme de cet article :

  1. Qu’est-ce que le plastique ? Comment les repérer ? Quels sont les dangers ?
  2. Et si je vous disais que vous avions du plastique dans les selles ?
  3. Produire moins de plastique, recycler, trier et protéger la nature
  4. Agir au quotidien pour limiter le plastique

Qu’est ce que le plastique ?

Pour bien comprendre ce nouveau fléau, attelons à faire un point petit point sur celui-ci : qu’est-ce que le plastique, quels sont les différents types de plastique et où les retrouve-t-on ?

Le plastique est un polymère, une macromolécule constituée de longues chaines carbonées obtenues par la transformation du charbon, du pétrole ou de gaz. On retrouve du plastique de partout, et sous différentes formes, cette matière étant transformable et adaptable à souhait pour un moindre coût par l’ajout de nombreux additifs.

Les pastiques sont numérotés de 1 à 7 permettant leur classification. On retrouve ces pictogrammes au dos des contenants ou emballages. La problématique étant souvent d’arriver à les trouver et surtout d’arriver à les lire…

Les plus potentiellement toxiques sont le polyéthylène téréphtalate (PETE), le polychlorure de vinyle (PVC), le polypropylène (PP), le polystyrène (PS) et le polycarbonate (PC), qui correspondent respectivement aux numéros 1, 3, 5, 6 et 7 (d’après diverses études européennes et mondiales).

Le Polyéthylène de haute densité (2) que l’on retrouve dans les bouteilles de laits, le polyéthylène basse densité (4) que l’on retrouve dans le film alimentaire seraient à l’heure actuelle ceux à privilégier.

Les plastiques les plus toxiques sont ceux que l’on retrouve dans les produits alimentaires. Il faut bien comprendre que le danger n’est pas que dans le plastique en lui-même, mais également dans l’additif utilisé pour le fabriquer, ainsi que le produit de dégradation qui peut lui aussi être toxique.

Exemples :

  • Le PETE peut générer de l’antimoine, un métal potentiellement cancérigène.
  • Les plastiques souples ou en PVC, comme celui des emballages utilisés pour les viandes et la charcuterie, qui libèrent des dioxines et des phtalates.
  • Plusieurs études ont montré que l’un des additifs utilisés pour le polypropylène a une activité oestrogénique. Additionné à d’autres perturbateurs endocriniens du quotidien, il pourrait donc potentiellement favoriser le cancer du sein.
  • Le polycarbonate pose également problème, notamment pour les bisphénols A, reconnus comme des perturbateurs endocriniens et interdits dans les récipients alimentaires comme les biberons, les canettes ou les boîtes de conserve depuis janvier 2015.

En effet des additifs ou monomères de pastiques peuvent migrer dans les aliments. Ces migrations ont des conséquences organoleptiques ou toxicologiques. Ce phénomène dépend de la composition de l’emballage mais également de celle de l’aliment. La plupart des monomères et des additifs ayant une forte affinité pour les graisses, la migration est généralement plus importante en contact avec un corps gras. Plusieurs facteurs augmenteront cette migration :

  • Le temps de stockage
  • La température de stockage : Stocker des bouteilles d’eau plastique en plein soleil est déconseillé.
  • La température de réchauffage : le polystyrène par exemple ne doit jamais être chauffé.
  • La durée de mise en contact : plus la durée du contact est longue plus le risque de contamination augmente.

L’Union Européenne autorise environ 1000 substances pour fabriquer du plastique. Même si chaque matière est testée et que des normes sont à respecter concernant notamment le seuil de toxicité, le problème réside dans le fait que nous ne savons pas quels effets une accumulation de petites doses aura sur le long terme sur notre santé ou encore quels seraient les impacts d’un cocktail de différents produits chimiques ?

Une véritable bombe à retardement ! A l’heure actuelle on résonne sur ce que l’on sait et non sur ce que l’on ne sait pas … Doit-on attendre pour mettre en place des principes de précautions ?

Et si je vous disais que nous avions du plastique dans nos selles ?

Fin octobre 2018, une étude présentée lors du congrès de gastro-entérologie de Vienne en Autriche a permis de détecter la présence de plastiques dans les selles de personnes habitants en Europe, Russie et Japon. Pendant une semaine 5 femmes et 3 hommes âgés de 33 à 65 ans ont noté ce qu’ils mangeaient et leurs selles ont été analysées. La taille des échantillons de plastiques trouvés dans leurs selles varie de 50 à 500 micromètres soit l’épaisseur d’un cheveu, voir plus. Le Dr Philipp Schwab et son équipe ont alors pu émettre la supposition selon laquelle les particules de plastiques viendraient des emballages de bouteille d’eau et des produits de la mer. En effet les 2 plastiques les plus présents dans les selles étaient le Polypropylène (bouchons de bouteille) et le PET (présents dans les bouteilles). Ces scientifiques s’accordent cependant à dire qu’il est trop tôt pour dire si ces particules de plastiques peuvent nuire à la santé, mais qu’l est nécessaire de réaliser d’autres recherches et études afin de connaitre le devenir et les impacts de ces particules dans le corps.

Produire moins de plastique, recycler, trier et protéger la nature

Selon l’association WWF 1/3 des déchets plastiques produits se retrouvent dans la nature soit environ 100 millions de tonnes en 2016.

En pratique réduire la production d’emballage plastique est une nécessité pour notre environnement et pour notre santé.  Comme notre nourriture provient en grande majorité de notre environnement, la première étape consiste donc à la limiter la pollution de celui-ci ! Plus notre environnement sera pollué, plus nous consommerons une nourriture polluée ! C’est toute la chaine alimentaire qui est alors contaminée. Il est d’ailleurs clairement établi depuis des années que la pollution des milieux marins a un impact sur la qualité des aliments d’origine marine que nous consommons (métaux lourds, plomb, plastique dans les poissons et fruits de mers …).

Agir au quotidien pour limiter le plastique

Changeons nos habitudes de vies et de consommation afin de limiter la plastique au quotidien. Des astuces simples et variées existent, en voici quelques-unes :

Lors des achats :

  • Acheter ses fruits et légumes au marché avec ses propres sacs en tissus, ou son panier en osier.
  • Favoriser les produits à la coupe (boucherie, fromage poissonnerie), plutôt que le rayon préemballé. Certains magasins acceptent même que vous ameniez vos propres contenants.
  • Acheter des bouteilles de lait en carton plutôt qu’en plastique.
  • Limiter les emballages individuels
  • Limiter les aliments prêts à consommer (ex : pomme de terre micro-ondable dans des sachets plastiques, tomates cerises en barquettes plastiques, framboise …)
  • Limiter les légumes et les fruits prédécoupés
  • Acheter en vrac
  • Favoriser les contenants en verre (gros pot de compote de pomme, bocaux en verre plutôt que conserves en alu, pâte à tartiner …)
  • Préférez les pots de yaourt en verre ou en gros contenants, ou idéalement fait maison ! Essayer c’est l’adopter, je vous le promets.

A la maison :

  • Favoriser les contenants en bois, inox, verre plutôt que plastique ! Vous pouvez tout simplement récupérer des bocaux de cornichons, des bouteilles en verre de soupes, des pots de confitures…
  • Ne pas laisser les aliments dans les barquettes plastiques, transvaser dans des bocaux en verre ou en bois, ou inox
  • Favoriser les casseroles en fonte et en inox plutôt que les casseroles avec un revêtement antiadhésif.
  • Remplacer vos ustensiles de cuisine plastiques par des ustensiles en bois ou inox (fouet, cuillère en bois, louche …)
  • Troquer vos bouteilles d’eau plastiques par des bouteilles en verre, voir l’eau du robinet.
  • Remplacer les gourdes en plastiques des enfants par des gourdes en inox.
  • Remplacer le film alimentaire par des Bee Wrap.

Le mot de la fin

Les effets à long terme de l’ingestion de grandes quantités de plastiques sur notre santé ne sont pas clairs, mais de nombreuses études sont en cours. De nombreux scientifiques et acteurs de santé publique soupçonnent que les effets sur la santé sont bien plus importants que l’on ne le croit actuellement. Le manque de documentation, d’études et d’expertises à ce sujet ne permettent pas d’avoir encore à ce jour de données fiables permettant d’attester de la véracité de ces suppositions.

Les experts scientifiques souhaitent cependant alerter sur les risques afin d’inciter chacun à porter attention à ce nouveau fléau.

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